Cornerman Protocol
// SOURCÉ OU RIEN

Méthodologie

Les outils de ce site ne sont pas des boîtes noires. Chaque chiffre sort d'un modèle publié, appliqué pas à pas dans ton navigateur. Voici chaque maillon de la chaîne, sa source, et — parce que c'est là que se joue l'honnêteté — ses limites.

01 Le modèle physique vélo

Chaque watt s'oppose à trois forces : la gravité (m·g·sin θ), le roulement (m·g·Crr·cos θ) et l'air (½·ρ·CdA·v²), le tout divisé par le rendement de transmission (~97 %). C'est le modèle de Martin et al. (1998), validé sur vélodrome à ±3 W. L'outil résout la vitesse par dichotomie pour chaque pas de la trace — il n'y a pas d'astuce, que de l'arithmétique répétée.

◆ Martin et al., J Appl Biomech, 1998 △ Les virages, les relances et le revêtement mouillé ne sont pas modélisés.

02 La densité de l'air

ρ n'est pas 1,225 kg/m³ : elle dépend de la température, de la pression, de l'humidité et surtout de l'ALTITUDE — ignorer 1 500 m de moyenne coûte ~15 % de traînée en trop. L'outil recalcule ρ à l'altitude de chaque point, avec la météo réelle quand elle est chargée.

◆ Loi des gaz parfaits sur l’air humide · Tetens · formule barométrique △ L'air chaud d'une vallée encaissée un après-midi d'été n'est pas dans la maille du modèle météo.

03 Le vent, projeté et apparent

Un vent météo est donné par sa direction d'origine : l'outil le projette sur le cap réel de chaque tronçon (une boucle par vent fort ne coûte que ~1 %, pas les ~12 % d'un vent de face permanent), et compose le vent apparent — un pur travers ralentit aussi, via la majoration du CdA avec l'angle — coefficient pris en borne haute prudente des mesures en soufflerie, plafonné à 20° au-delà desquels les données divergent. Sur plus de 20 km, la trace est découpée en zones échantillonnées à l'heure de passage estimée. L'outil chiffre enfin ce que le vent COÛTE : il rejoue la même sortie en air calme et affiche la différence — sur 136 km, 48 minutes entre air calme et 23 km/h, quand dix kilos n'en pèsent que seize.

◆ Mesures de traînée en yaw publiées (fourchette +5 à +15 % entre 10 et 15°) △ Le coefficient de yaw dépend du matériel ; la prévision météo reste une prévision.

04 La stratégie et le réservoir W′

Au-dessus de la puissance critique, chaque joule sort d'un réservoir fini (W′) ; en dessous, il se recharge avec une constante de temps qui dépend de la profondeur de récupération (modèle de Skiba). Les stratégies, elles, REDISTRIBUENT sans déplacer le niveau : leurs multiplicateurs sont recentrés sur le parcours réel. Sans ce recentrage, les valeurs brutes — calibrées sur un col soutenu — moyennaient 0,964 sur un vallonné, et « pousse où ça monte » ralentissait les ascensions de 3,6 %. L'outil simule le réservoir W′ sur la sortie ENTIÈRE : la deuxième ascension hérite de la première, et quand la réserve passe sous 20 %, la cible est bridée juste sous CP — ce qu'un directeur sportif crierait depuis la voiture.

◆ Skiba et al., Med Sci Sports Exerc, 2012 △ Validé sur des efforts de l'ordre de l'heure : sur six heures, c'est un garde-fou, pas un oracle.

05 NP, IF et TSS

La puissance normalisée est la moyenne quatrième des puissances (lissées sur 30 s dans le débrief ; par tronçon dans le plan, où la cible est déjà stable) : elle pèse les à-coups comme ton corps les paie. IF = NP/FTP situe l'intensité ; TSS = heures × IF² × 100 la charge. En mode « IF cible », le calcul s'inverse : tu fixes l'intensité de la journée, le moteur met les cibles à l'échelle.

◆ Coggan & Allen, Training and Racing with a Power Meter △ La NP surestime les sorties très arrêtées (feux, ravitos).

06 Glucides et lipides, tronçon par tronçon

La part des glucides dans la dépense monte avec l'intensité : ~45 % en endurance basse, ~90 % au seuil. L'outil partitionne chaque pas à SON intensité — un col brûle du glycogène pendant que la descente ne coûte presque rien — puis confronte le total à ta réserve (~6 g/kg) : le mur est daté quand le déficit atteint 80 % de la réserve.

◆ Romijn et al. 1993, van Loon et al. 2001 (crossover concept) △ L'entraînement déplace le crossover ; la réserve réelle varie avec l'affûtage.

07 L'hydratation par les pertes

Le plan part des pertes sudorales (modélisées par la température et l'intensité, ou MESURÉES par ta pesée si tu as fait le protocole), plafonne à ce que l'estomac absorbe en effort (~0,7 à 0,9 L/h selon le gabarit) et chiffre le sodium. Pas de droite « bois X par degré » : un déficit se gère, il ne se supprime pas.

◆ Protocole de pesée standard (ACSM) △ La sudation varie d'un facteur 3 entre individus : la pesée bat le modèle, fais-la.

08 Le coût de la pente en course à pied

Courir coûte 3,6 J/kg/m à plat, 5,97 à +10 %, avec un minimum vers −18 % — en dessous, freiner coûte plus que la gravité ne rend. C'est le polynôme de Minetti et al. (2002), mesuré de −45 à +45 % : la formule publiée derrière le « GAP ». Une distance suffit quand il n'y a pas de relief à décrire — marathon, 10 km, piste : la pente vaut zéro, le moteur nutritionnel tourne à l'identique. Et si tu donnes ta VMA, l'outil compare l'allure visée à ce que cette DURÉE autorise (~88 % de VMA sur l'heure, ~78 % sur trois, ~72 % sur cinq) : la même allure est correcte sur un semi et intenable sur un 100 km. L'outil trail ajoute deux curseurs assumés : la technicité (taxe le temps) et la dérive de fatigue (dégrade le moteur), plus un plafond de vitesse en descente — l'impact borne, pas le métabolisme.

◆ Minetti et al., J Appl Physiol, 2002 △ Mesuré sur tapis, sujets frais, sans sac ni cailloux : les curseurs existent pour ça.

09 La dégradation post-vélo

Ton allure fraîche ne sort pas de T2. Le composeur dégrade l'allure de référence selon l'IF vélo réellement prévu (~+5 % à IF 0,65, ~+15 % à IF 0,85) ET sa durée : les ancres viennent d'études sur des vélos de 2 h à 2 h 30, un sprint de 30 minutes n'en subit qu'un tiers, un vélo de full un peu plus. Entre 0,65 et 0,85, chaque point d'IF coûte environ un demi-point d'allure — et le tarif grimpe au-delà. C'est la couture centrale du plan, et la raison du bridage par format.

◆ Littérature triathlon (fourchettes de dégradation course après vélo) △ Une moyenne de littérature : ton historique de courses la précisera mieux que nous.

10 Prédit contre réalisé : à conditions égales

Le débrief rejoue la prédiction SUR LA TRACE de ta sortie, avec tes réglages d'athlète (cibles, stratégie, CdA, poids) et LA MÉTÉO DU JOUR OÙ TU AS ROULÉ — pas celle d'aujourd'hui. C'est la seule comparaison qui veuille dire quelque chose : confronter une sortie faite par 23 km/h de vent à un modèle en air calme fabriquait cinquante minutes d'écart qui n'existaient pas. L'écart qui reste est le vrai : trafic, virages, arrêts non détectés, jambes du jour.

◆ Archives Open-Meteo (ERA5), moyennées sur les heures réellement roulées △ Le temps réel est le temps EN MOUVEMENT : les arrêts n'y sont pas, donc l'écart ne les explique jamais.

11 Le débrief : CdA et Crr mesurés

L'équation de puissance, résolue en pente à chaque pas d'une sortie réelle, produit une « altitude virtuelle » ; le bon CdA est celui qui la recolle sur l'altitude barométrique (méthode de Chung). Le problème est linéaire : solution exacte par moindres carrés, agrégée en fenêtres de 30 s pour dompter le bruit du baromètre. UNE SEULE INCONNUE : le Crr ne s'estime pas, il se déclare. Sur une sortie ordinaire, la vitesse ne varie pas assez pour séparer le roulement (constant) de la traînée (en v²) — le solveur à deux inconnues échange librement l'un contre l'autre et publie des couples aberrants. Mesuré : Crr 0,0018, moitié du plus rapide pneu du marché, avec un CdA de 0,442 pour compenser. Le Crr est une propriété du matériel : sept pneus, quatre revêtements, tu déclares. La météo réelle du jour de la sortie est récupérée aux archives et entre dans le calcul, faute de quoi l'écart de densité y partirait tout entier.

◆ R. Chung, « Estimating CdA with a power meter » (virtual elevation) △ Le vent du jour reste absorbé par le CdA : on connaît sa vitesse moyenne, pas sa projection sur ton cap seconde par seconde. Un débrief par mistral sort le CdA du mistral.